Vous savez tirer une ligne, poser un tableau et dépanner un client un dimanche soir. Choisir un statut, beaucoup moins. Bonne nouvelle : pour un électricien qui démarre, le choix se joue presque toujours entre trois options. Voici comment elles fonctionnent, et surtout ce qui fait pencher la balance.
Avant le statut : les deux obligations du métier
Électricien est une activité réglementée. Pour vous installer à votre compte, il faut justifier d'une qualification : un diplôme du métier (CAP, BEP ou supérieur) ou plusieurs années d'expérience professionnelle. C'est vrai quel que soit le statut choisi.
Ensuite, dès que vous réalisez des travaux de construction ou de rénovation, l'assurance décennale est en général obligatoire, et vos clients ou les plateformes vous la demanderont. Son prix varie beaucoup selon votre activité et votre expérience : demandez plusieurs devis avant de fixer vos tarifs, car elle pèse dans votre rentabilité.
La micro-entreprise : démarrer vite, sans comptable
C'est le régime le plus simple. Vous déclarez votre chiffre d'affaires chaque mois ou chaque trimestre, et vous payez un pourcentage de ce que vous avez encaissé.
- Cotisations sociales : 21,2 % du chiffre d'affaires encaissé pour les prestations de services artisanales, en 2026.
- Plafond : 83 600 € de chiffre d'affaires par an pour les prestations de services, sur la période 2026-2028. Si vous le dépassez deux années de suite, vous sortez du régime.
- TVA : tant que vous restez sous 37 500 € de chiffre d'affaires en prestations de services, vous ne facturez pas de TVA (c'est la franchise en base).
- Comptabilité : un livre des recettes, un registre des achats, vos factures. C'est tout.
Le piège pour un électricien, c'est le matériel. En micro-entreprise, vous ne déduisez aucune charge. Câbles, tableaux, disjoncteurs, outillage, camionnette : les cotisations sont calculées sur le chiffre d'affaires, pas sur ce qu'il vous reste. Si vous fournissez beaucoup de matériel, une grosse partie de votre chiffre d'affaires n'est pas de la marge, et vous cotisez quand même dessus.
Autre point : en franchise de TVA, vous ne récupérez pas la TVA payée sur vos achats. Vos clients particuliers apprécient de ne pas payer de TVA, mais votre matériel vous coûte plus cher.
L'EURL : une société, avec vos frais déductibles
L'EURL est une SARL avec un seul associé : vous. Votre entreprise a sa propre existence, son propre compte et ses propres comptes annuels.
- Vos frais sont déductibles : matériel, véhicule, assurance, téléphone. Vous payez des impôts sur le bénéfice réel, pas sur le chiffre d'affaires.
- Vous êtes travailleur non salarié : vos cotisations sont calculées sur la rémunération que vous vous versez. Elles coûtent en général moins cher que celles d'un salarié pour le même revenu, avec une protection sociale plus légère.
- Les dividendes que vous vous versez au-delà d'un certain seuil sont soumis à cotisations sociales. Se payer en dividendes plutôt qu'en salaire est donc moins intéressant qu'en SASU.
- Comptabilité complète : un expert-comptable est quasi indispensable.
La SASU : plus souple, mais plus chère en salaire
La SASU est une SAS avec un seul associé. Comme l'EURL, vos frais sont déductibles et la société a sa propre comptabilité. La différence se joue sur votre rémunération.
- Vous êtes assimilé salarié : si vous vous versez un salaire, les cotisations sont plus élevées qu'en EURL pour le même revenu net, avec une meilleure protection sociale (mais pas d'assurance chômage).
- Les dividendes ne supportent pas de cotisations sociales, seulement l'imposition des revenus du capital. C'est pour ça que beaucoup de dirigeants de SASU combinent un petit salaire et des dividendes.
- Si vous ne vous versez pas de salaire, vous ne cotisez pas, et vous ne vous constituez ni retraite ni protection.
- Image : certains clients professionnels et donneurs d'ordre préfèrent travailler avec une société.
Le comparatif en un coup d'œil
| Micro-entreprise | EURL | SASU | |
|---|---|---|---|
| Démarrage | Très rapide, en ligne | Statuts, capital, annonce légale | Statuts, capital, annonce légale |
| Charges déductibles | Non | Oui | Oui |
| Plafond de chiffre d'affaires | 83 600 € en services | Aucun | Aucun |
| Cotisations calculées sur | Le chiffre d'affaires | Votre rémunération | Votre salaire |
| Comptabilité | Très simple | Complète | Complète |
| Expert-comptable | Facultatif | Fortement conseillé | Fortement conseillé |
Trois profils, trois réflexes
Vous démarrez seul, surtout en dépannage et en main-d'œuvre. La micro-entreprise est souvent le point de départ logique : peu de frais, peu d'administratif, et vous voyez vite si l'activité tient.
Vous fournissez beaucoup de matériel, ou vous visez plus de 80 000 € de chiffre d'affaires. Le plafond et l'absence de déduction des charges vont vous coûter cher. Une société devient vite plus intéressante, et c'est le moment de faire chiffrer EURL et SASU par un expert-comptable.
Vous voulez embaucher, investir ou travailler avec des entreprises. Une société vous donne plus de marge de manœuvre et une meilleure image auprès des donneurs d'ordre.
Ce que le statut ne règle pas
Le statut, c'est la fondation. Il ne fait pas sonner le téléphone. Une fois votre entreprise créée, il vous faudra un moyen d'encaisser vos clients sur place, des devis conformes (obligatoires avant tout dépannage), et une présence sur Google pour que les particuliers de votre secteur vous trouvent avant vos concurrents.
C'est exactement ce que nous mettons en place, avec un expert-comptable partenaire pour la partie statut et comptabilité. Pour la suite, lisez notre guide pour encaisser un client chez lui.
Cet article donne une information générale, à jour à sa date de publication. Il ne remplace pas un conseil adapté à votre situation : pour choisir votre statut ou optimiser votre rémunération, notre expert-comptable partenaire fait le point avec vous. Réserver un audit.